De la Fédération impériale : entre union et identité

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De la Fédération impériale : entre union et identité

Message par Baptiste le Ven 23 Avr - 2:45

Le modèle impérial

« L’Empire, ou fédération impériale, est l’unification politique de peuples divers sous une autorité souveraine commune, laissant à chaque entité interne son autonomie et sa liberté ultime.

L’Empire fédère, assemble et agrège, mais n’homogénéise pas aveuglément, au contraire de l’État-nation égalitaire. L’ Empire unifie autour de la fonction de souveraineté, tout en préservant la diversité de toutes les autres fonctions. Son existence se justifie par la recherche de la puissance et de la pérennité des peuples qu’il rassemble de façon fédérale en une communauté politique et historique. L’ Empire n’a pas non plus vocation (car c’est une de ses dérives possibles) à devenir un « État mondial », comme c’est le rêve, par exemple, de l’ »islam ou du système de domination occidentalo-américain. Selon notre conception, l’ Empire n’inclut et ne prend en charge le destin que des seuls peuples qui peuvent historiquement, culturellement et ethniquement, se dire et se sentir parties de la même communauté globale.

Il existe pourtant une conception négative -disons suicidaire- de l’Empire : c’est le modèle de l’Empire romain finissant, celui d’après les édits de Caracalla (qui accordèrent la citoyenneté romaine à tous les sujets impériaux, quelle que fût leur origine), c’est le modèle de l’Empire d’Alexandre qui voulait fondre en un seul ensemble Grecs et Orientaux, c’est aussi celui des Empires coloniaux européens qui aboutissent aujourd’hui à la colonisation de l’Europe. Bref, cette forme d’Empire doit être rejetée parce qu’elle est ethnopluraliste et multiraciale, et aboutit toujours à la destruction du peuple-souche et aux conflits intérieurs.

La seule conception positive de l’Empire est celle qui ne l’oppose pas à l’idée de Nation au sens romain de « natifs d’un même grand-peuple ». L’Empire est alors une fédération de nations ethniquement apparentées, une Grande Nation Fédérale, en quelque sorte. Tel est le véritable modèle impérial. L’Empire n’est donc nullement l’ « État-nation » à la fois cosmopolite et centralisé, mais un ensemble de nations libres et fédérées, ethniquement, culturellement et historiquement parentes. L’idée d’Empire n’est donc admissible que si elle échappe à l’universalisme et à son inéluctable dérive vers l’idée d’ « État mondial ».

Bref, sous cette acception, l’Empire est une Fédération décentralisée dotée d’un pouvoir central fort mais limité aux domaines capitaux d’intervention selon le principe de subsidiarité : politique étrangère, protection des frontières, grandes règles économiques et écologiques, etc. Le principe impérial n’est pas uniformisant : ses composantes sont autonomes et peuvent être organisées de manière différente, tout en menant des politiques intérieures propres (justice, institutions, autonomie fiscale, éducation, langue, culture, etc.). Il maintient une unité d’ensemble et un projet de civilisation global. Mais l’Empire ne doit pas se concevoir comme une sorte d’association confédérale floue, totalement hétérogène, ouverte comme un moulin à vent : une discipline d’ensemble est nécessaire, comme une direction politique centrale ferme et claire. En ce sens, l’Union européenne actuelle, simple agrégat administratif sans volonté, est bien loin de représenter l’idée d’Empire.

Les composantes nationales (ou régionales) sont mises en « liberté surveillée ». Elles doivent se plier à la grande politique de l’ensemble et accepter la supériorité du pouvoir central qui, en échange, leur concède leur identité; en sachant que toute nation, conservant sa liberté, peut sortir à tout moment de la fédération impériale. La notion d’Empire suppose celle de projet collectif et de pérennité dans l’histoire. L’Europe serait le cadre idéal pour la constitution d’un Empire, comme regroupement de tous les Européens, dans leur diversité et leur unité. En sachant qu’un futur « Empire eurosibérien », incluant la Russie, devra répondre à cette question cruciale : faut-il fédérer les États-nations actuels ou plutôt de grandes régions ? Quelle que soit la réponse à cette question, l’idée de Fédération impériale semble être, à terme, la seule planche de salut pour les peuples européens menacés ».

Guillaume Faye : « Pourquoi nous combattons »

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