Ecologie Sociale / Municipalisme Libertaire : Muray Boochkin

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Ecologie Sociale / Municipalisme Libertaire : Muray Boochkin

Message par Troska le Dim 4 Avr - 13:10

Murray Bookchin (1921-2006) est un militant et essayiste américain anarcho-communiste. Il est considéré aux États-Unis comme l'un des grands penseurs de la « nouvelle gauche ». Bookchin est le fondateur de l'écologie sociale, école de pensée qui propose une nouvelle vision politique et philosophique du rapport entre l'homme et son environnement.

Il est né à New York et a grandi, comme il le décrit lui-même, en « bébé en couche-culotte rouge », imprégné de l'idéologie marxiste de sa jeunesse. Pendant son adolescence, il se tourna vers le trotskisme, puis perdit peu à peu ses illusions à cause de la coercition qu'il jugeait inhérente au marxisme-léninisme. Il est devenu rapidement connu pour la facilité avec laquelle il envoyait des critiques dévastatrices au marxisme en utilisant la langue marxiste elle-même.

Bookchin est toujours resté un anti-capitaliste radical et un défenseur de la décentralisation de la société. Son idée de municipalisme libertaire a eu une influence certaine sur le mouvement « Vert » et dans le domaine de l'écologie politique.

Description
Les assemblées municipales dans un système municipaliste libertaire sont ouvertes à tous. Les citoyens sont informés à l'avance et débattent des sujets lors des assemblées. Les décisions se prennent à la majorité. Pour les questions touchant une sphère plus large que la communauté (pouvant correspondre autant à la commune, à la municipalité qu'au quartier) sont discutée dans des assemblées locales ou régionales, et à un échelon supérieur encore pour les questions plus globales encore. Les personnes assistants à ces assemblées sont des délégués mandatés par les assemblées municipales. Ils doivent rendre des compte ensuite auprès de leur communauté et leurs décisions peuvent être révoquées. Le pouvoir ne quitte ainsi pas les mains des citoyens, du niveau local. Le municipalisme libertaire tend à créer une situation dans laquelle les deux pouvoirs, à savoir la confédération de communes libres et l'État-nation ne puissent plus coexister. La structure du municipalisme devient alors la nouvelle structure de la société.

Principes fondamentaux

Dès les premiers écrits anarchistes sur le sujet dans les années 60, Murray Bookchin a continuellement développé son œuvre. Vers la fin des années 90, il l’associe toujours plus au principe de communalisme, marquant par là sa rupture avec l’anarchisme.Inspirée de l’anarchisme (de Kropotkine principalement) et du communisme, des écrits de Marx et de Hegel, l’écologie sociale s’articule au travers de plusieurs principes clé :
L'interdépendance et le principe "d'unité dans la diversité". L'écologie sociale cherche à s'opposer à l'uniformisation des êtres et des pensées et veut promouvoir l'apport de la diversité, de l'union organique des différentes parts de la société. Les différences doivent être promues comme apportant une diversité de talent, de points de vue, de styles permettant de faire évoluer la société tout en la rendant plus stable.

La décentralisation : Une société d’écologie sociale prendrait la forme d’une confédération de communes décentralisées et liées entre elles par des liens commerciaux et sociaux. Des sources d’énergies renouvelables dispersées permettraient d’alimenter ces communautés à tailles humaines et d’apporter à chacun selon ses besoins.

La démocratie directe : Structurée autour du principe d’une forme de communalisme dite municipalisme libertaire, l’écologie sociale prône le développement des assemblées communales, version modernisée du type développé par les Athéniens dans l’Antiquité ou mis en place durant la Commune de Paris pour la prise de décisions politiques. Les décisions concernant la vie de la commune sont discutées et votées à la majorité dans ces assemblées. De même, à l’échelon supérieur, des représentants munis de mandats impératifs, et donc révocables, sont désignés pour aller représenter leur commune lors des assemblées régionales, nationales, etc. C’est un système horizontal, une démocratie populaire non hiérarchique dont les décisions vont de bas en haut et sont prises dans la transparence du face-à-face.

Un renouveau de la citoyenneté : A la base du système d'écologie sociale se trouve le citoyen. Celui-ci doit réapprendre à décider de ce qui concerne sa vie de tous les jours et, pour ce faire, il lui est nécessaire de se réapproprier le pouvoir. Il doit d'une certaine manière redevenir responsable et connaître le minimum lui permettant de prendre une part active dans la gestion de la société, notamment de ce qui a une répercussion directe sur sa vie.

Une technologie libératrice : L’écologie sociale ne s’oppose pas aux technologies modernes mais est partisane en revanche d’un développement de celles-ci pour les rendre au service de l’être humain. La science doit retrouver son sens moral et se développer pour l'humain et non l'asservir. Les machines et outils modernes doivent devenir multifonctionnels, durables, écologiques et facile à utiliser ainsi qu'à entretenir. En devenant maître de la technique qu'il utilise, le citoyen pourra se libérer du travail pénible et se concentrer sur l'aspect créatif et positif des tâches.

Une vision sociale du travail : Développer les machines a dans l’écologie sociale pour but de libérer l’être humain d’une grande part du travail manuel (travail en usine), pouvant être fait par des machines, en vue de lui laisser le travail créatif et réduire son temps de travail. Le temps gagné pourrait lui permettre de participer à la vie politique de son quartier et de profiter plus pleinement de la vie sociale. Le modèle s’articule ainsi autour de temps partiels diversifiés, alliant autant que possible travail à l’intérieur et à l’extérieur, intellectuel et concret, etc. Les hiérarchies au travail seront remplacées par des superviseurs ayant pour seul but d’apporter une vision globale sur le travail d’une société.

Le naturalisme dialectique : Le naturalisme dialectique est une philosophie dialectique développée pour servir de base éthique à une société basée sur les principes de l’écologie sociale. Son principe est que « ce qui devrait être » doit servir de base éthique à « ce qui est », sous forme de choix raisonnés.
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